13 mars 2019

Les inégalités face au vieillissement se creusent

Selon un rapport de l’IAU paru en 2018, la situation globale des ménages de retraités français s’est largement améliorée au cours de ces quarante dernières années. Il s’agit même d’une des catégories d’âge les plus aisées dans le pays. Mais cette nouvelle en cache une autre : nous ne sommes pas tous égaux face au vieillissement. Il existe de fortes inégalités tant au niveau du revenu que du patrimoine entre les séniors. Ces inégalités se creusent même de plus en plus entre les générations.

 

quatre séniors qui marchent

 

Une situation favorable mais inégale

La vieillesse n’est aujourd’hui plus synonyme de pauvreté, et le niveau de vie des séniors est globalement convenable en France. Les actuels ménages de retraités disposent d’une situation favorable. Cela s’explique par plusieurs facteurs sociaux liés à cette génération de baby boomers tels que la montée du salariat, l’augmentation de l’activité des femmes et la maturation des systèmes de retraite. De ce fait, le taux de pauvreté est devenu décroissant avec l’âge.

Néanmoins, ces circonstances favorables à une situation sociale positive s’accompagnent déjà d’inégalités de revenus et de patrimoine. L’écart de revenu se creuse notamment entre séniors locataires du parc social et séniors propriétaires. L’enjeux du logement est d’ailleurs crucial, puisque le parc social devrait accueillir une part croissante de séniors.  On observe donc déjà des signes de tassement des ressources des séniors liés aux modes de vie, à la démographie et à l’économie.

 

Des inégalités encore plus fortes pour les séniors de demain

Les prévisions sont donc défavorables quant au inégalités face au vieillissement. Un rapport de l’OCDE “Preventing ageing unequally” confirme d’ailleurs cela. Il prévoit en effet que les générations nées à partir des années 1960 vieilliront dans des conditions moins favorables que leurs aînés. Cela s’explique notamment par une accumulation très tôt des inégalités en matière de santé, d’éducation et d’emploi ; du fait d’épisodes d’instabilité de l’emploi plus récurrents.

Ce rapport alarmiste informe aussi sur la nature de ces inégalités. Ce sont notamment les femmes qui vont le plus en souffrir puisque les femmes de plus de 65 ans ont des retraites annuelles environ 27% inférieures à celles des hommes. C’est la cible principale de précarité et elles souffriront davantage de ces inégalités croissantes. Il en est de même pour les personnes ayant un faible niveau d’éducation.

Une prévention nécessaire pour résoudre le problème

Les inégalités face au vieillissements sont ainsi un enjeu de taille pour les instances gouvernementales. La clé pour l’OCDE, c’est la prévention. Il faut mettre en place des mesures pour éviter les inégalités dès le plus jeune âge de façon à échapper à leur accumulation. Les leviers d’actions se situent alors au niveau de l’éducation et de l’emploi pour éviter le chômage de longue durée.  

Le vieillissement soulève donc des enjeux d’ordre économiques et sociaux et ne se limite pas à la prise en charge des personnes âgées. C’est bien un travail antérieur, au niveau des inégalités qui doit être mis en place.

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Actualités, Séniors

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