30 janvier 2019

L’âgisme : un phénomène de discrimination envers les personnes âgées

Si l’on parle souvent de sexisme ou de racisme, la notion d’âgisme est moins connue. L’Organisation Mondiale de la Santé semble pourtant dire que l’âgisme serait encore plus répandu que ces deux autres phénomènes. Il s’agit d’un comportement de stigmatisation et de discrimination des personnes âgées à un niveau institutionnel ou non. Celui-ci est tellement ancré dans nos pratiques, qu’il est souvent systématique. Les préjugés envers les séniors sont en effet véhiculés par toutes sortes de comportements du quotidien, et même à travers le langage et la publicité.

Un comportement fondé sur des préjugés

Les manifestations de l’âgisme sont nombreuses, et l’exemple du numérique permet de l’illustrer de manière pertinente. A l’ère d’internet, deux clans semblent se former entre les native-users et les séniors. Ces derniers sont souvent jugés incapables d’utiliser les nouvelles technologies de manière aussi efficace que les plus jeunes générations. L’erreur ici est d’identifier tout un groupe de personnes comme ayant des comportements homogènes sur le seul critère de leur âge. Il s’agit d’un préjugé tant répandu dans les esprits qu’il est difficile de le faire évoluer.

Il faut également faire la différence entre les signes directement liés à l’âge et les maladies. La sénilité ou encore la démence sont trop souvent associées à des conséquences naturelles de l’âge. Cela participe à la maltraitance des séniors qui sont souvent vus comme un coût et un fardeau pour la société. 

Des conséquences sur le quotidien des séniors

Tous ces amalgames ont des effets sur l’image qui est donnée des séniors et peut avoir des conséquences réelles sur les personnes âgées. Les discriminations d’ordre économique sont bien connues, notamment à l’embauche. Un salarié de plus de cinquante ans est souvent vu comme moins efficace sur le seul critère de son âge. Certaines compagnies de location de voiture refusent même de louer à partir d’une certaine limite d’âge sans prendre en compt les capacités à conduire.

Au-delà des conséquences sur le moral et l’estime de soi, l’âgisme semble même détériorer la santé des personnes âgées. Des études montrent que des personnes âgées ayant un comportement négatif face au vieillissement vivent en moyenne 7,5 années de moins que ceux ayant des attitudes positives. Cela prouve bien qu’il s’agit d’un phénomène aussi sérieux que toute autre forme de discrimination.

 

Des solutions politiques et individuelles

Mais alors, comment lutter contre ce phénomène ? La première étape est de diffuser des informations à ce sujet pour en favoriser la prise de conscience collective. La campagne “égaux à tout âge” l’a bien compris. Pour célébrer les 70 ans de l’adoption de la déclaration universelle des droits de l’Homme par les Nations Unies, cette campagne invite à lutter contre l’âgisme. Axée autour de dix thèmes, le but est de mettre en lumière les enjeux de ce phénomène et de donner des recommandations pertinentes à tous les niveaux.

Lutter contre l’âgisme est donc la responsabilité de tous. Les solutions doivent à la fois venir de réformes politiques, mais aussi des entreprises et des individus. Cela passe par une communication adaptée qui véhicule les bons messages et prend en compte les disparités entre les séniors. Pour une prise de conscience de l’âgisme et de ses conséquences, parlons de ce phénomène !

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Economie Sociale et Solidaire, Séniors

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